13 novembre 2008

Une question de temps ....


45 à 50 h de boulot par semaine, un emploi du temps surchargé…
On court, on court, après le temps comme pour le rattraper, le devancer. Un œil sur la route de la vie, un sur la montre, les jambes qui gigotent dans tous les sens pour éviter les obstacles.
On court pour aller au boulot, on court pour rentrer à la maison, pour le repas, une bise vite fait le front de la tribu, un « hum hum » en guise de réponse à l’énoncé de la journée de l’autre, en même temps on prépare la machine à laver… L’impression d’être un mille pattes, autant de pattes, autant d’activité ! Non mais ça pas ?!!

Moi, je m’y oppose, j’arrête tout ! C’est bon, j’ai assez courue, j’ai assez regardée ma montre, culpabilisée pour un retard, une absence, un travail repoussé au lendemain. Et puis Chéri-bibi n’en peut plus non plus de me voir m’épuiser, mal dormir, subodorer, prévoir, bref me rendre malheureuse pour une connerie… ou deux !

Alors, je me replonge dans ma bulle, celle que l’on m’a fait découvrir… J’ai eu des parents voyageurs, des maisons un peu partout.. Au fond de la forêt, au bord de la mer, aux fins fonds des marais. J’ai appris à vivre en harmonie avec la nature ou tout est une question de temps… Mais à le regarder s’écouler.

Attendre la nuit tombante pour voir les cerfs et les biches venir se désaltérer au bord de l’étang ; le matin au petit lever voir les écureuils se galoper l’un après l’autre autour d’un tronc de chêne. Apprendre au fil des saisons à faire des bouquets d’herbes sauvages, découvrir les senteurs des arbres en fleurs. La douceur suavité de l’acacia en fleur, le chèvrefeuille entêtant, la discrète violette, l’odeur de l’automne, du bruit des pas dans les feuilles mortes. Le brame du cerf qui vous prend au ventre le soir à la tombée de la nuit.

Avec un père marin pêcheur, j’ai appris la patience. Attendre les marées pour poser et remonter les filets. Prendre le temps de préparer le bateau, réparer les filets tout en écoutant les anciens raconter le bon vieux temps : les grandes pêches, les grosses tempêtes.
Un rêve de conte pour la gamine que j’étais, je me voyais pirate bravant les tempêtes...
Papa me disait : la tête haute ma fille, regarde toujours l’horizon et vois ce qui arrive. Ne te laisse pas surprendre par la mer. Ne jamais te précipiter, car elle ne te pardonnera pas…

Avec une mère terrienne et un peu sorcière, j’ai appris à écouter la nature. Ces grands silences avant un gros grain, un orage, ou tout se tait. Pas un oiseau, un insecte, le temps est suspendu.
Maman me disait : Vois… la nature s’écoute. Je tendais l’oreille, pas un bruit, une pesanteur se fait sentir, pas un frémissement de feuille. Puis les éléments se déchaînaient, ce n’était qu’éclats, roulements, vacarme. Un léger bruit de pluie se fait entendre, puis les gouttes deviennent plus lourdes, le bruit se fait plus sourd, soutenu. Après l’orage, la nature s’ébroue, le vent fait s’égoutter les arbres, un brin de soleil s’immisce entre les nuages pour réchauffer l’atmosphère. Une brume légère s’élève du sol, l’air fleure bon la terre mouillée.

Ce sont mes plus beaux souvenirs, je veux les revivre au présent, maintenant ! Avec la nature qui m’entoure, et ceux qui sont dans ma vie. Je veux leur faire partager ce que je vois, je ressens, partager ma vision des choses. Je veux retrouver ma patience, et à nouveau prendre le temps de vivre chaque moment comme une chose unique. Et surtout laisser la nature faire son travail… et me donner, nous donner… un enfant !

Posté par ibarburu à 00:01 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Une question de temps ....

    Quel beau programme ! Quel beau chemin de vie !
    Prends grand soin de ce chemin, de cette vie, de cette tribu d'hier, d'aujourd'hui et de demain.
    POse toi et apprécie ces beaux moments dans la paix et la sérénité...
    Je t'envie
    à très bientôt ici ou ailleurs

    Posté par BJC, 16 novembre 2008 à 17:36 | | Répondre
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